Le Tibet et la Bretagne , une même logique…
Comment se fait il que nos médias n'aient pas encore fait
le parallèle avec la situation du Tibet
et ce qui s'est passé en Bretagne, depuis
seulement un siècle ?
Un siècle, à l'échelle du monde, c'est avant-hier.
Pour être concis, j'indiquerais que le gouvernement
français de l’époque a commencé par bannir les « bondieuseries » et la
langue bretonne des cours de récréation. Cela s’est poursuivi par l’exode des
« bonnes » bretonnes à Paris.
Souvenez-vous de la bande dessinée Bécassine…
Mais, plus grave, les Bretons,
comme bien d’autres étaient considérés par des sous-hommes, au même titre que
bien des travailleurs immigrés d’aujourd’hui. D’autres régions dites françaises
ont eu droit au même traitement, tout cela dans le but d’appartenir à une seule
et même nation.
N’est-ce pas le même objectif que cherche à obtenir actuellement le
gouvernement chinois ?
Les Bretons,
mais aussi les Vendéens ou les Corses étaient des indigènes et n'avaient
pas les mêmes droits que les « français de souche » Savez vous
que durant la guerre de 1914, ils étaient systématiquement envoyés dans
l'infanterie où ils bénéficiaient du même régime de "faveur" que les autres
indigènes: Sénégalais, Marocains,
Algériens. Dans une proportion moindre, cela a été la même chose en 1940.
A titre d'exemple, en 1870, le gouvernement français n’accordant
aucune confiance à la loyauté de l’armée bretonne, a préféré laissé des milliers,
voire des dizaines de milliers de soldats bretons de l'armée, dite française, mourir
de faim et de maladie dans un camp situé dans ma commune de naissance, en
l'occurrence Conlie dans la Sarthe ,
plutôt que de les envoyer combattre les Prussiens
qui assiégeaient Paris! Pour
l’anecdote, ce sont ces Bretons qui
nous ont laissé le mot « baragouiner »*.
Moi même, au cours des années 1970, j’ai pu constater que cette discrimination
militaire existait encore! En effet, les appelés Bretons, s'ils n'étaient pas marins, étaient envoyés prioritairement
dans les casernes d'infanterie ou d'artillerie d’Allemagne et de l'Est de la France.
Durant la période 1940 / 44, un certain nombre d' « intellectuels » bretons s’interrogeaient sur le fait que la Bretagne avait peut être plus à gagner à rester allemande plutôt que de revenir sous le joug de l’administration française ou américaine. Naturellement, cela leur a valu de sérieux ennuis à la Libération. Peut-être étaient-ils tout simplement européens avant l’heure ?
Il a fallu attendre le plan routier breton initié par le
général de Gaulle en 1967 pour que la situation évolue.
En effet, jusqu'en 1970, en Bretagne, région très pauvre, la pêche artisanale vivotait et les
conditions de travail y étaient beaucoup plus dures qu’aujourd’hui ! Notez que j’ai bien
précisé : avant 1970. Car la situation économique a explosé en 30 ans au
prix de lourds sacrifices humains. Par exemple, 75% des exploitations agricoles
ont disparues mais la Bretagne est devenue
la première région agricole d’Europe. Aujourd’hui, c’est au tour du secteur de
la pêche de souffrir.
Je vois aussi un dernier parallèle avec la situation religieuse
au Tibet. Jusque dans les années 60, la Bretagne était un bastion catholique et cela
déplaisait fort aux laïcs qui nous gouvernaient.
La querelle relative à l’école privée de l’année 1987,
c’est aujourd'hui. Car il vous faut savoir que la majorité des communes
bretonnes, y compris celles de moins de 1000 habitants, ont toujours deux écoles
primaires, publique et privée ! Cette situation est toujours polémique
lors des élections municipales. Et cela, c'est aujourd'hui.
Quelques décennies après sa répression, il ne subsiste de
la culture bretonne que le coté
folklorique qui permet à quelques uns de nos intellectuels parisiens d’afficher
leur bonne conscience.
Sous leur impulsion, il est devenu branché d'être
boudhiste, en oubliant un peu rapidement que la jovialité, la sagesse et les
propos positifs du Dalaï-lama
occultent les pratiques des moines, encore récentes, basées sur l'exploitation du
peuple à leur seul bénéfice.
Ces mêmes « élites » étaient généralement des
admirateurs de Mao en 1968. Ce sont
souvent les mêmes qui s’insurgent aujourd’hui des exactions de la Chine !
Pourtant, sous l’impulsion du « grand timonier », la répression au Tibet y existait déjà depuis 1949. 60
ans après, n’est-il pas un peu tard d'ouvrir enfin les yeux ?
Il est aussi plutôt cocasse de constater qu’on exige d’un
pays immense de passer du Moyen-âge à notre mode de pensée en moins d’un siècle
alors que nos gouvernements successifs ont bien des difficultés à mettre en place
la moindre « réformette ».
Alors, avant de
donner des leçons au monde entier, balayons devant notre porte et, sans faire
de repentance, rappelons nous de notre
propre histoire.
*Bara voulant dire pain, et gwin, vin rouge, les
soldats bretons enfermés dans leur camp et affamés, suppliaient les français de
rencontre en leur demandant : bara? gwin ?
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