En français, subprime,
cela s’apparente au crédit à la consommation.
Comme CARROUF, EDOUARD et les autres, elle a compris qu’en faisant crédit à ses clients alcooliques, elle les fidéliserait afin qu’ils n’aillent surtout pas boire chez madame Raymonde de l’autre coté de la rue. Au passage, elle en profite pour augmenter de 0.10 euros le prix du « petit jaune » ainsi que celui du ballon de rouge.
Pour ceux qui, après une année où deux, avaient du mal à régler leur note, elle n’hésitait pas à leur mettre sous les yeux les pages entières de publicité qui fleurissent sur les journaux de programmes de télévision. « Achetez aujourd’hui, payez dans trois mois » disait COFIF, MEDIAT, FINAR et les autres, toutes, filiales non avouables de nos grandes enseignes bancaires.
A la banque agricole locale, le nouveau directeur, jeune et dynamique, fraichement diplômé d’une école de commerce a considéré avec bienveillance les notes accordées par madame Marcelle et lui accorde une ligne de crédit, en contrepartie des dettes des clients alcooliques qu’il dénomme des actifs recouvrables.
Ses collègues de
Ces instruments financiers servent ensuite de leviers dans les salles de marché de
Quelques responsables très avertis qui savent que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel « se doutent des dérives de ce système et parlent plus ou moins ouvertement de bulle financière. Nul ne les écoute mais, prudemment, ces « responsables » se couvrent avec des indemnités comportant une dizaine de zéros dans le cas ou ils rencontreraient un « incident de parcours ». En clair, ils « se goinfrent ».
Un jour, Madame Marcelle et nombre des ses concurrents font faillite. L’épidémie se propage et les experts s’aperçoivent que les dizaines de milliers de café, de France et d’ailleurs, n’ont pas un euro pour payer leurs dettes. Les filiales des banques, pourvoyeuses de crédits à 17 %, sont en difficultés.
En effet, leurs clients, alcooliques ou pas, se retrouvent tous dans l’incapacité de payer. Qu’à cela ne tienne, leurs sociétés-mère, c'est-à-dire les grandes banques privatisées, se tournent vers l’Etat, seul capable d’assurer leur train de vie. Madame Ginette, commerçante, n’a pas droit aux ASSEDIC.
Ses clients, généralement chômeurs de longue durée, RMIstes ou retraités se rendent à
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