Articles les plus consultés

mercredi 20 avril 2016

2007 La crise des « subprimes » selon Ginette.


En français, subprime, cela s’apparente au crédit à la consommation.

Vous n’y comprenez rien, pour ma part, à peine plus. Ce que j’ai compris, c’est que madame Marcelle propriétaire d’un café-restaurant-épicerie à Dingé dans le fin fond de la Basse-Bretagne, tel le monsieur Jourdain cher à Molière,  fait de la haute finance sans le savoir. 

Comme CARROUF, EDOUARD et les autres, elle a compris qu’en faisant crédit à ses clients alcooliques, elle les fidéliserait afin qu’ils n’aillent surtout pas boire chez madame Raymonde de l’autre coté de la rue. Au passage, elle en profite pour augmenter de 0.10 euros le prix du « petit jaune » ainsi que celui du ballon de rouge. 


Pour ceux qui, après une année où deux, avaient du mal à régler leur note, elle n’hésitait pas à leur mettre sous les yeux les pages entières de publicité qui fleurissent sur les journaux de programmes de télévision. « Achetez aujourd’hui, payez dans trois mois » disait COFIF, MEDIAT, FINAR et les autres, toutes, filiales non avouables de nos grandes enseignes bancaires. 


A la banque agricole locale, le nouveau directeur, jeune et dynamique, fraichement diplômé d’une école de commerce a considéré avec bienveillance les notes accordées par madame Marcelle et lui accorde une ligne de crédit, en contrepartie des dettes des clients alcooliques qu’il dénomme des actifs recouvrables. 


Ses collègues de la Banque Nationale, ceux de la Caisse aux noisettes et de la Société Principale ne tardent pas à l’imiter. Dans les immeubles haussmaniens du 9ième arrondissement, ou dans les tours de La Défense, les « back office »  des sièges bancaires parisiens, regorgent de jeunes loups aux yeux pétillants de dollars et d’euros, qu’on appelle des traders avisés. En dix clicks de souris sur leur PC, ils transforment ces actifs recouvrables en produits baptisés : OFNI : objet financier non identifié, SOC : sans origine connu et autres abréviations à consonance anglaise. 

Ces instruments financiers servent ensuite de leviers dans les salles de marché de la City et de Wall Street, mais aussi à Paris à constituer des fonds d’investissement  que l’on appelle pudiquement, produits dérivés, dont personne ne sait réellement ce qu’ils contiennent. Ces fonds dérivés sont alors négociés durant des années comme des titres solides et sérieux sur le marché financier mondial. 


Quelques responsables très avertis qui savent que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel «  se doutent des dérives de ce système et parlent plus ou moins ouvertement de bulle financière. Nul ne les écoute mais,  prudemment, ces « responsables » se couvrent avec des indemnités comportant une dizaine de zéros dans le cas ou ils rencontreraient un « incident de parcours ». En clair, ils « se goinfrent ».  


Un jour, Madame Marcelle et nombre des ses concurrents font faillite.  L’épidémie se propage et les experts s’aperçoivent que les dizaines de milliers de café, de France et d’ailleurs, n’ont pas un euro pour payer leurs dettes. Les filiales des banques, pourvoyeuses de crédits à 17 %, sont en difficultés. 


En effet, leurs clients, alcooliques ou pas, se retrouvent tous dans l’incapacité de payer. Qu’à cela ne tienne, leurs sociétés-mère, c'est-à-dire les grandes banques privatisées, se tournent vers l’Etat, seul capable d’assurer leur train de vie. Madame Ginette, commerçante, n’a pas droit aux ASSEDIC. 


Ses clients, généralement chômeurs de longue durée, RMIstes ou retraités se rendent à la Banque de France pour solliciter un dossier de surendettement. Les politiques, eux,  découvrent le désastre et parlent d’assainir la situation du crédit enFrance…  
                                                                                                                                                                                           Daniel BONNEFOY

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire