Les Français découvrent enfin que les
décisions de la Commission
européenne priment sur celles des gouvernements en place. Et que la majorité
des 24 autres pays de la Communauté Economique Européenne ne partagent pas
nos priorités, loin s’en faut.
A juste titre, on reproche depuis
longtemps le pouvoir exorbitant (
voir en annexe ) des Commissaires européens. Quand la Constitution sera
adoptée, la Commission
ne sera plus un groupement de technocrates à l’abri de tout contrôle. Trois
institutions contrôleront son travail,
ce qui n’est pas le cas actuellement.
Ces institutions sont : le
Parlement européen, qui élira le Président de la Commission. Le
Conseil européen, composé des chefs de gouvernements, qui sera responsable de
la définition de la politique européenne et le Conseil des ministres qui aura
lui aussi un pouvoir de contrôle de la législation européenne. Cette
Constitution tant décriée permet pourtant de limiter l’influence de ces
commissaires d’une manière considérable.
Il y a quelques années, lorsque
plusieurs pays ont élu des dirigeants « socialistes » : Blair,
Shroeder, beaucoup se félicitaient que l’Europe soit sociale. Mais
socialiste n’a manifestement pas le même sens en Angleterre, en Espagne ou en
Allemagne…
Sous l’influence de ces pays dits
socialistes, l’Europe est, pour nous français, jugée « libérale ».
Conséquence de la désinformation orchestrée depuis des années, la
majorité de nos compatriotes a intégré que seul le modèle français était
porteur d’espoir, que le « libéralisme » était un ogre dévastateur,
cause de tous leurs mots. C’est pourtant ce libéralisme tant décrié qui
permettra de réduire les déficits sociaux français actuels, et entraînera
indirectement une progression du pouvoir d’achat de chacun d’entre nous.
Accessoirement, il diminuera l’influence de la fonction publique en France et
contribuera sûrement à limiter notre colossale dette publique.
Comment les Français, les Allemands,
les Italiens peuvent-ils espérer convaincre Varsovie, Stockholm, Londres qu'ils apportent de
meilleurs choix ? Ces pays ont perdu
la bataille idéologique parce que leurs arguments sont contredits par la
pauvreté de leurs résultats économiques et sociaux. Il ne faut alors pas
s'étonner de voir « l'Europe anglaise" progresser au dépens de la
« vieille Europe ».
Les trois pays scandinaves : Danemark,
Suède, Finlande se classent aux premiers rangs mondiaux pour la
croissance, l'innovation et les avantages sociaux. La Grande-Bretagne
connaît, elle, sa plus longue période de forte expansion depuis 300 ans !
Les dix nouveaux membres de l'Union qui
bénéficieront fortement de cette Europe comme en ont bénéficié dans la dernière
décade l’Espagne ou le Portugal ne s’y trompent pas. Et la progression
fulgurante de l’économie de ces pays n’a pas entraîné le nivellement par le bas
tant redouté chez nous.
L’Europe du pessimisme, de la
croissance en panne, du chômage inexorable, des systèmes sociaux rongés par les
déficits, concerne principalement la
France , l'Allemagne et l'Italie. Ce sont ces
pays qui, pesant 70 % du PIB global, ralentissent l'attelage et accentuent le
décrochage avec les Etats-Unis.
Daniel BONNEFOY
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