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jeudi 21 avril 2016

mai 2005. Faut-il se couper un doigt aujourd’hui ou un bras dans 15 ans ?


Les Français découvrent enfin que les décisions de la Commission européenne priment sur celles des gouvernements en place. Et que la majorité des 24 autres pays de la Communauté Economique Européenne ne partagent pas nos priorités, loin s’en faut.

A juste titre, on reproche depuis longtemps le pouvoir exorbitant ( voir en annexe ) des Commissaires européens. Quand la Constitution sera adoptée, la Commission ne sera plus un groupement de technocrates à l’abri de tout contrôle. Trois institutions  contrôleront son travail, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Ces institutions sont : le Parlement européen, qui élira le Président de la Commission. Le Conseil européen, composé des chefs de gouvernements, qui sera responsable de la définition de la politique européenne et le Conseil des ministres qui aura lui aussi un pouvoir de contrôle de la législation européenne. Cette Constitution tant décriée permet pourtant de limiter l’influence de ces commissaires d’une manière considérable.

Il y a quelques années, lorsque plusieurs pays ont élu des dirigeants « socialistes » : Blair, Shroeder, beaucoup se félicitaient que l’Europe soit sociale. Mais socialiste n’a manifestement pas le même sens en Angleterre, en Espagne ou en Allemagne…

Sous l’influence de ces pays dits socialistes, l’Europe est, pour nous français, jugée « libérale ». Conséquence de la désinformation orchestrée depuis des années, la majorité de nos compatriotes a intégré que seul le modèle français était porteur d’espoir, que le « libéralisme » était un ogre dévastateur, cause de tous leurs mots. C’est pourtant ce libéralisme tant décrié qui permettra de réduire les déficits sociaux français actuels, et entraînera indirectement une progression du pouvoir d’achat de chacun d’entre nous. Accessoirement, il diminuera l’influence de la fonction publique en France et contribuera sûrement à limiter notre colossale dette publique.

Comment les Français, les Allemands, les Italiens peuvent-ils espérer convaincre Varsovie,  Stockholm, Londres qu'ils apportent de meilleurs choix ?  Ces pays ont perdu la bataille idéologique parce que leurs arguments sont contredits par la pauvreté de leurs résultats économiques et sociaux. Il ne faut alors pas s'étonner de voir « l'Europe anglaise" progresser au dépens de la « vieille Europe ».

Les trois pays scandinaves : Danemark, Suède, Finlande se classent aux premiers rangs mondiaux pour la croissance, l'innovation et les avantages sociaux. La Grande-Bretagne connaît, elle, sa plus longue période de forte expansion depuis 300 ans !

Les dix nouveaux membres de l'Union qui bénéficieront fortement de cette Europe comme en ont bénéficié dans la dernière décade l’Espagne ou le Portugal ne s’y trompent pas. Et la progression fulgurante de l’économie de ces pays n’a pas entraîné le nivellement par le bas tant redouté chez nous. 

L’Europe du pessimisme, de la croissance en panne, du chômage inexorable, des systèmes sociaux rongés par les déficits, concerne principalement la France, l'Allemagne et l'Italie. Ce sont ces pays qui, pesant 70 % du PIB global, ralentissent l'attelage et accentuent le décrochage avec les Etats-Unis.


Daniel BONNEFOY

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